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contexte
Ta tête est lourde et tes yeux papillonnent. Brièvement, tu jettes un coup d'oeil à droite, puis à gauche. A la vue de la pièce circulaire dans laquelle tu te trouves, précisément au centre, tes sourcils se froncent. L'endroit te serait-il inconnu ? Tu n'as pas le temps de te poser la question que déjà, une voix résonne dans la pièce, brisant tes vaines tentatives d'orientation.

« Bienvenue sur No Name et puisses-tu devenir le plus célèbre. »

12.03.2017 Première maj de nng et lancement du premier event' ! ici
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» Dead Poets Society — Anatole & La Fontaine

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ft : chuuya nakahara • bungou stray dogs
lieu d'habitation : obéron
Dim 12 Mar - 17:20
Dead Poets Society
C'est un doux après-midi, un après-midi comme les autres. Soleil, brise légère, animation, No Name grouille, pour ainsi dire. Elle grouille d'insecte en tous genres : énormes arachnides, fines guêpes, coléoptères sifflants… Parmi ce florilège de bestioles se presse une minuscule fourmi en costume trois pièces, traînant avec elle un sac rempli de papier. Il ne fait nul doute que ce sac — une bandoulière de piètre confection — en plus d'être encombrant, est absolument en désaccord avec l'élégance et le raffinement de cette petite fourmi. Sa seule qualité est d'être rempli de papier, de lettres. Une lettre, quand ce n'est pas une notification administrative (et ce n'en est jamais sur cette île), qu'est-ce donc ? C'est une pensée, une émotion, un fragment d'esprit, que le facteur transmet à un autre esprit. L'encre capte toutes les impressions d'une âme, et leur permet l'éternité. Écrire. Écrire, c'est vivre, et survivre. C'est exister toujours après la mort. Que ce soit une lettre, un roman, une réflexion, un poème, ce qui est écrit ne disparaît pas. Ce qui est écrit vit.

Obéron. La Rue des Artistes. Malheureusement, le nabot de facteur ne réside pas ici. Mais vu le temps qu'il y passe, le temps qu'il passe à y flâner, c'est tout comme. Une certaine ambiance colore cette rue. C'est la ville, l'activité, l'humanité. Les gens pressés et festifs, les musiciens et les peintres. Ce sont aussi les fleurs, les graffitis, les imposantes bâtisses à l'architecture étonnamment vieillote. Il n'y a aucun endroit où le rouquin ne se sente mieux dans tout No Name. Pas même son propre appartement, son petit nid non loin d'ici — mais déjà trop loin. Que ne donnerait-il pas pour déménager ! Aujourd'hui, il ne peut hélas offrir que ses poèmes, dans un secret qui ne lui rapporte rien. La situation actuelle n'est ni plaisante, ni déplaisante.

C'est empli de ces considérations que La Fontaine poursuit le chemin quotidien de son travail. Réfléchir au sens de son activité, c'est lui en donner, c'est en faire son oeuvre. Peut-on s'approprier le travail de facteur ? Il semble au rouquin que oui. Pour lui, c'est bien simple. Transmettre une lettre, c'est transmettre un écrit. Le facteur transmet des écrits, il transmet les oeuvres de toutes sortes de personnes. Mais il peut très bien diffuser les siennes par la même occasion. Qui a dit que le facteur ne devait pas écrire ?

Eh bien, le facteur écrit. À tout le monde, à personne. Il écrit des poèmes, il les offre aux autres. Un jour sur quatre il change d'itinéraire, de secteur — c'est convenu. Un jour sur quatre, un quartier ou l'autre reçoit un poème, ou deux. Le regard froid des caméras ne perçoit pas les petites feuilles qu'il glisse avec le courrier dans les boîtes aux lettres. Les esprits sont marqués, le poète n'est pas remarqué. Du moins, c'est ce qu'il croyait.

Une par une, il glisse les missives dans les boîtes qui conviennent, y ajoute son oeuvre. Il espère toucher les esprits, changer les personnes. Ne serait-ce qu'un petit peu. Le voilà en bas d'un grand immeuble, toujours dans cette rue. Peu de courrier ici, malgré les nombreuses boîtes. À peine trois lettres, ce qui signifie à peine trois poèmes. L'opération est effectuée en un soupir, et le voilà qui s'en retourne déjà. Mais il s'arrête un instant, happé par le spectacle que lui offre sa position a priori anodine. Quelques secondes, pas plus, mais durant quelques secondes, La Fontaine a l'impression de sentir cette rue vivre. Des allures, des odeurs, des couleurs, le son des pavés et le mouvement du vent. La rue est vivante, et tout se mélange dans la tête du poète. Son coeur bat au même rythme que celui de la Rue des Artistes. Il est chez lui, ici, il le sent. Ah, quelle déchirure que de repartir… Encore quelques secondes, juste quelques secondes de plus à s'enivrer de cet égarement fugace…

Le poète ne bouge donc pas. Pas encore.
© Kono
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