no name games
contexte
Ta tête est lourde et tes yeux papillonnent. Brièvement, tu jettes un coup d'oeil à droite, puis à gauche. A la vue de la pièce circulaire dans laquelle tu te trouves, précisément au centre, tes sourcils se froncent. L'endroit te serait-il inconnu ? Tu n'as pas le temps de te poser la question que déjà, une voix résonne dans la pièce, brisant tes vaines tentatives d'orientation.

« Bienvenue sur No Name et puisses-tu devenir le plus célèbre. »

12.03.2017 Première maj de nng et lancement du premier event' ! ici
news
joshua ☆ dispo
mp
piper ☆ dispo
mp
clyde ☆ dispo
mp
predef


((Ce que la parole ne dit pas ✘ Anthrax))

avatar
ಠ_ಠ

Messages : 52
age : tkt il est majeur
ft : Kageyama Tobio - Haikyuu!! // Song Jae Rim
lieu d'habitation : Fengàri - Appart au 3e
présentation : www
Dim 22 Jan - 20:07




@Ajax bb

L’écriture est une blessure à vif.
(une ignominie narcissique)
Des mots ensanglantés dont l’encre noire s’échappe sur le papier. Ça gratte.
Comme une gale.

Il tient entre ses mains un million de ces plaies béantes. De ces trous noirs avides. L’air manque entre les quatre murs pour l’empêcher de se noyer sous le sang des invalides. Il leur manque à tous un morceau d’existence. Un morceau de cœur ou d’esprit. (Comme lui.) Une psychose collective. Pourtant, ça libère. Le poids des ans s’allège sur les épaules. Il y a quelque chose de beau, de mirifique. Une radiance à en crever les yeux. Quelque chose de joliment apprêté pour que l’âme désire à ce point retomber. Écrire afin de lire les autres. Lire les autres afin de se lire soi-même.
«Écrire.»
Comme une sentence à vivre.

Crescent n’arrive pas à comprendre ça.
Ce qu’il aime. Ce qu’il révise.
Fascination et dégoût. Travail antithétique. A-t-il toujours été ainsi ?
Qu’était-ce avant l’île ? Grattait-il quelques notes oubliées par-ci, par-là, sur le coin d’un cahier ?
Impossible. Son cadavre ambulant n’est pas assez famous. Pas assez glorious.
«Oublie ça tout de suite, mon pauvre.»

Comme toujours, le correcteur passe à autre chose en balayant le vide de sa main pâle. C’est fini; la conclusion est tirée, Crescent n’a pas envie de s’attarder plus que cela sur l’échec existentiel de son tout. Ça suffit comme ça. Pour les trois prochaines minutes à suivre, très certainement. Il fait beau, il fait bon. Le vent vogue dans le salon-cuisine par la fenêtre de sa table de travail. Il s’amuse à glisser ses doigts invisibles dans la courte chevelure de l’Asiatique, à nouveau concentré sur une biographie redondante. Sa frange chatouille ses sourcils, ses cils, ses yeux trop gris. Trop noirs. Ses lèvres éternellement silencieuses. Trop minces, peu souriantes. L’air embaume la nuit fraîche et les étoiles accrochent dans le ciel de brèves étincelles. Une pour chaque milliard d’atomes qui composent la détresse universelle de l’humanité. Crescent est fier d’en faire partie. Il se sent ainsi plus proche des membres de son espèce. D’un iota en tout cas. C’est suffisant, amplement suffisant afin de se sentir important. Penché sur la copie, le jeune muet tourne et retourne dans tous les sens le même paragraphe depuis une heure. Il a l’impression de perdre son temps à vouloir comprendre une «grève de la vie où se fracassent les damnés comme des vaguelettes.»

...

Ça veut dire quoi putain ? Il comprend rien, pige que dalle. C’est pas une métaphore, c’est loin de cette qualité stylistique, le réviseur en est certain. C’est sorti de nulle part comme sa voix quand il essaie d’être social. C’est désespérant, qu’il se défonce le crâne à déchiffrer une bouse. Mais il est payé pour raturer les mots, les panser, les évider. Les massacrer. Davantage. Il est payé pour les comprendre, les changer, les élever. Quelque part. Où les yeux sauront les dévorer. Pourtant, voilà, Crescent décortique une demi-page entière depuis que la grande ourse scintille au-dessus de sa tête. Il n’en retire qu’un sens bien pauvre, autant que ses talents de séduction. Elle entend quoi par «vaguelettes», la demeurée ? Ça veut dire que les damnés ont une vie aussi infime qu’une petite ondulation ? Pourquoi le suffixe –ette ? Il est où le lien de la grève, ça peut signifier beaucoup le mot «grève». Et pourquoi user de périphrases débiles pour une simple biographie qui finira aux oubliettes comme tout ce qu'il y a d'existence humaine en ce bas monde ?

Crescent réfléchit trop.
Encore.
(Toujours.)

Alors il enlève ses binocles ronds, épais. Ceux qu’il utilise pour lire, pour s’encrasser les yeux de mots dont il aurait aimé en être l’auteur. Ses mains froides repoussent son travail contre le mur, contre le bas de la fenêtre grande ouverte. La table chante doucement sous le frottement du papier. Le jeune homme s’assure que les cent-trente-cinq pages de néant intersidéral sont bien alignées. Parfaitement. Puis, d'un geste ennuyé, d'un grand soupir, il enfonce ses pensées dans le bois du meuble, pose sa tête contre le froid raide de l'inanimé et laisse errer son regard vers le réfrigérateur. L’électronique résonne sourdement à ses oreilles sensibles. Une présence qui n’existe pas. Le bruit du silence. L’amer silence.

Et Crescent tend la main vers son cellulaire, celui-là, couché sur le coin de la table attendant les doigts frénétiques de l’aphasique pour exister. Être utile. Il ne sait pas ce qu’il fait ni ce qu’il cherche, mais la joue écrasée, il pianote son mot de passe, zieute ses contacts et d’un geste mécanique, presque instinctif, Crescent sélectionne une image, un numéro. Tellement familier. Tellement chaleureux. Un truc bien qui fait circuler le sang dans ses veines. Sa porte de sortie (de liberté).

00h45. 22.01.17
‘sup mec ?
y fau m'aidé grv
ya une bio for shit ki m'tue lé yeux


Il se sent déjà mieux. Crescent n'a même pas besoin que Spencer lui réponde. Même s'il le fera. (peut-être) Le réviseur veut seulement savoir qu'il peut le texter, lui et sa voix étouffée. La lumière éclatante du boîtier téléphonique illumine la pièce. Le muet étend le bras, éteint la lampe devenue inutile et ferme les yeux. L'instant d'apprécier le vent dans les cheveux. La pénombre. La nuit. Son doigt navigue sur les touches électroniques et par mégarde envoie une énième réponse qu'il préfère continuer, se redressant doucement avant de se caler contre le dossier en bois de la chaise, cellulaire en main, regard rivé sur l'écran.

ncsjkdswgfagr
(un temps)
t’fé koi ? ʕథ౪థʔ
g ke dla merde chez moi so…
j’te texte.
Le fridge é moin cool ke twé.
 

avatar
swag

Messages : 34
age : l'âge pour fapfap comme il faut (vingt quatre balais)
ft : gareki - karneval // irl - dylan o'brien
lieu d'habitation : trou du cul du monde alias oberon, ou chez toi
présentation : j'ai mis ta mère en vente sur internet
Dim 22 Jan - 21:38

On se shooterait à la vitamine C si cela avait été illégal
La nuit semblable à un rêve, lui évoquant l'éternité, Froide et éphémère, un peu comme la réalité, il pleure en silence en fumant son joint vaguement calciné, déambulant d'un pas lent et crachant sa haine sur le pavé. Il avance Spencer ; avance et se ramasse alors que ses écouteurs crache les watts, que la substance dont il empoisonne ses poumons vient capturer son esprit, embrumant ses pensées avec chaleur tel un désert aride. La gorge se fait sèche, même cracher devient difficile. Il y a son cœur qui s'incinère, des larmes qui perlent à cause du froid de l'ère glacière ; ou pas, c'est juste le fucking froid de l'hiver. Congeler, il avance, lentement, les jambes tremblantes et une plaie à l'abdomen lancinante. On récolte ce que l'on sème, mais la baston n'avait pas fait partie de son équation ; ça n'avait pas été dans ses prévisions du soir. Marchand ambulant le jour, trafiquant la nuit, c'est la même chose, mais l'illégalité sonne mieux le soir, quand le soleil radieux n'est plus là pour voir. Ses phalanges craquent sous le poids de sa pseudo-culpabilité et la musique retentit d'avantage dans ses oreilles, fracassant ses tempes et raisonnant dans sa tête comme une colère qui monte et gronde, semblable au tonnerre, transcendant comme un éclair qui déchire le ciel.

Fall out boy démarre et le reste du monde est silence, même l'écho de ses Doc Martens frappant le pavé ne lui parviennent plus. Light em up up up, light em up up up, light em up up up (i'm on fire) ; le voilà qui sautille, qui se met à danser en grimaçant dans les rues d'la ville ; semblable à une joie de vivre qui apparaît comme après un mauvais rêve, il se réveille lentement, doucement ; émerge dans un lieu qu'il côtoie à contrecœur. Et son cœur bondit, sa haine grandit, mais le sourire subsiste. Il déteste ce monde et ses lois, bafoue ce qu'il ne comprend pas, hait ce qu'il ne peut avoir ; tout ce qui se trouve ici-bas... Sauf les gens, ses rencontres si emblématiques qui le rendent un peu moins aigri, un peu moins cynique, un peu moins sarcastique ; le reste atterrit sans aucun scrupule à la poubelle, comme cette personne plus tôt qui avait tenté de l'arnaquer en lui filant un coup de semelle compensée à l'abdomen. Toute action entraîne une réaction ; et une réaction de Spencer, malheureusement, ça faisait grave mal.

Alors il avance, sans mot dire, laissant son joint lui paralyser les sens, ceux qui le font vivre ; tuant sa raison à petit feu, ainsi, il se sent libre. Le monde cri, il hurle et Spencer gueule avec lui ; intérieurement seulement, alors que ses pensées lui échappent, comme le sol qui se dérobe vite fait sous ses pieds et qu'il se ramasse une énième fois. Il n'a pas bu, il a juste fumé et son monde part déjà à la dérive ; sans vouloir se l'avouer, Spencer se brise. Il y a son cœur qui dégringole dans sa poitrine comme des idées folles qui envahissent sa tête, des idées connes qu'on foutrait sur le compte de la picole ; mais non, il n'en est rien. Parfois, le jeune homme se sent cinglé, prêt à recouvrir le monde d'une poussière bien crade, bien noir, bien dégueulasse ; tout ce qu'il est. Car il est un artiste de la mort et qu'il peint des chef-d'oeuvre tous les soirs en revendant ce que lui-même, consomme. Il n'hésite pas, il n'hésite jamais ; fait ce qui le débecte, il fait l'hypocrite. « Ce n'est pas de la drogue, c'est de la coke. » Mais il n'est pas con Spencer, loin de là, il agit juste comme tel ; parfois. Et pourtant, pourtant il y a des gens avec qui il ne veut pas jouer à ce jeu, il y a des gens qu'il respecte et qu'il ne veut pas répugner de par son comportement des plus hideux. Alors ses pensées s'envolent et il pense à toi, qui dois bûcher comme un putain de malade sur un truc qui le rend chèvre et c'est bizarre, mais c'est quand il pense à toi que son téléphone vibre dans sa poche ; l'heure lui sautant alors à la gueule. Dans quinze minutes, il serait une heure du matin ; il sombre putain, les heures de sommeils lui filent entre les doigts et une nouvelle larme se décroche... Putain de 'métier' à la con. Qu'est-ce qu'il m'a envoyé encore comme connerie ?

‘sup mec ?
y fau m'aidé grv
ya une bio for shit ki m'tue lé yeux

Et moi c'ta putain de grammaire qui m'tue les yeux man. Parce que, ouais, lui, il respecte la langue, parfois, pas souvent, mais ça lui arrive. Alors Spencer fait craquer sa nuque une énième fois, baissant le son de sa musique et tapant avec ses doigts complètement gelé par le froid... Long, putain, c'est long d'écrire dans cet état, quand tu sens même plus l'écran tactile de ton putain de portable ; il essaye, mais il n'y arrive pas et il souffle sur ses doigts, pensant que ça va l'aider ; mais rien ni fait. Et y'a un nouveau message de ta part qui pop-up et lui qui s'assomme, seulement en apparence.

ncsjkdswgfagr
Mais p'tain, laisse moi le temps d'écrire un message, me spam pas 'culé.
t’fé koi ? ʕథ౪థʔ
g ke dla merde chez moi so…
j’te texte.
Le fridge é moin cool ke twé.

Facepalm ; encore une fois, puis deux, puis trois. Alors il efface tout et il recommence, après avoir frotté au moins pendant deux fucking minutes ses mains sur son jean, réchauffant ainsi ses mains et ses cuisses. Alors il rédige son pavé, son correcteur, lui, il est parti en vacance.

la ptn d'sa race, mon tel supporte pas l'froi, c l'enfer sur terre ; wsh j'me les cail dehor magle, j'chui fracass' d'partout, j'me sui fight avc un client aussi.

Et il envoie sans se relire et c'est fou ce qu'il peut avoir honte de lui en se relisant ; lui qui aime bien respecter la langue ; l'énervement et le froid ainsi que son portable aux circuits aussi gelés que les siens ; bah ça aide pas, évidemment.

et oblig é qu'ton fridge est moin classe qu'ouam ; j'transpir la puissance et chui modeste avec ça, t'veux quoi ? on a la classe ou on l'a pas, nous on l'a tkt.

Il avance et se prend un poteau sans faire gaffe... La putain d'ta race de fdp le lampadaire. Le nez saigne un peu et il sait que certain vont le prendre pour une fucking gros pervers ou peut-être pire, ou peut-être moins pire ; Spencer ne sait pas et il ne veut pas vraiment imaginer. Continuant de marcher jusqu'à arriver à son appartement dans lequel il s'échoue comme une baleine sur la plage, il retire avec ses pieds ses godasses et s'enroule dans sa couette, en quête de chaleur. Son portable dégainé de sa poche, il envoie aussitôt.

Et j'me suis pris un poteau dans la face p'tain, tu la sens ma soirée d'merde ? j'vais fumer pour oublier frère. Et c'est autant d'la merde le truc sur lequel tu bosse ?

Aussitôt dit, aussitôt fait ; un nouveau calumet de la paix prend vie entre ses doigts un peu abîmés par le froid de l'hiver. Le portant à ses lèvres, tout en l'allumant, il attend alors une réponse ; pas prêt de dormir tout de suite de toute façon ; la flemme comme il dit... Tellement la flemme qu'il fout du sang plein sa couette en bon gros boulet qu'il est.


hrp ; italique = pensés de spencer (je précise). jpp d'eux, le rp du mindfuck aller ; bisous ♥

Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Parole du prophète de la Vérité
» [La parole au Corbeau] Myssen.
» Sans parole
» Prêchons la parole du Dieu Norris
» [Porte-parole] Remarques et suggestions

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: